Les démolitions de logements sociaux, à Liège, rappellent celles des chancres industriels. Exemples à Droixhe et, demain aussi sans doute, à la rue d’Amercoeur. La majorité en place choisit-elle de gommer les promesses de logement abordable et de « rééquilibrer la diversité en faveur des personnes plus aisées », comme dit le bourgmestre Willy Demeyer ?
En 2016, l’anthropologue sino-américaine Anna Lowenhaupt Tsing suggérait d’observer les possibilités de vivre dans les ruines du capitalisme [1]. Ces ruines peuplent les paysages que j’ai parcourus depuis les terrains de foot de la région du Centre jusqu’à l’ancienne capitale de la laine, à Verviers. Des hauts fourneaux de Clabecq au sous-sol de Blégny, la Wallonie post-industrielle en est remplie. Comme le notait la philosophe Isabelle Stengers dans l’introduction du livre d’Anna Tsing, derrière chaque ruine se cache des histoires, des luttes et des souvenirs. Pour qui observe attentivement, iel n’y verra pas qu’un paysage meurtri mais également les terrains de nouvelles disputes.
Dans la Cité ardente, là où l’acier a coulé, on n’a pas tellement peur des démolitions. Petit à petit, les traces d’une époque d’exploitation féroce disparaissent et ce sont déjà d’autres héritages, ceux des luttes sociales, qui sont attaqués. Depuis les années 80, les politiques néolibérales détricotent « l’État social ». Détricoter étant un euphémisme pour dire que l’écart de niveau de vie entre les classes sociales ne cesse d’augmenter, que les plus riches ne le sont jamais assez alors que des milliers de familles se font expulser de leur logement chaque année [2].
Les démolitions à Liège ne concernent pas seulement les anciens monstres de fer et d’acier réhabilités à l’Est. Elles concernent également des quartiers entiers de logements sociaux partis en poussière. À Droixhe, ce sont des milliers de familles qui ont été déplacées dans les années 2010 pour « requalifier » ce quartier [3]. Qui dit « requalification » dit avant ça « disqualification » des habitant·es pour mieux justifier la rénovation urbaine et lancer le processus de gentrification. Par exemple, à la place des anciennes tours de logements sociaux pour familles nombreuses du square Micha, le promoteur immobilier Ghelamco projette du résidentiel chic, du commercial, des bureaux et des parkings à proximité des nouvelles stations de tram [4].
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Mais venons-en à Amercoeur. Pour rallier cet autre terrain de conflit, il faut descendre le long de la dérivation de la Meuse, traverser le quartier populaire de Bressoux et s’arrêter en-dessous des ruines de la Chartreuse, un ancien fort militaire. Là, au croisement de la rue d’Amercoeur et d’une voie ferrée, c’est une tour de 25 mètres de haut, 21 de large et 15 de profondeur qui est laissée à l’abandon. Construite dans les années 1960 et rénovée au début des années 2000, cet immeuble de 8 étages et 32 appartements cache une petite cour (dite des Prébendiers) entourée par 32 petits studios à gauche comme à droite, également laissés à l’abandon, avec des locaux associatifs tout au fond. Plus loin, on aperçoit l’hôpital du Valdor et ses parkings jugés trop petits. Voilà, le décor de notre conflit est planté, juste en dessous d’un parc qui a été le théâtre d’une dispute mémorable entre de drôles d’oiseaux rassemblés pour défendre les terres vertes de la Chartreuse et un terrible promoteur [5], Matexi.
Pourquoi 64 logements sociaux restent-ils vides à la rue d’Amercoeur alors qu’environ 3000 ménages, soit plus ou moins 6000 personnes, figurent sur une liste d’attente rien qu’à Liège ? La question se pose depuis juin 2024. A l’époque différentes associations sensibles au droit au logement ont interrogé la société publique La Maison liégeoise, co-propriétaire des logements avec le CPAS. Pourquoi ont-ils chassé les occupant.es ? Qu’est-ce qui coince dans la rénovation ? Est-il possible d’en parler ? La réponse de la société publique La Maison liégeoise était prête : « Ces logements ne sont plus aux normes, les travaux coûteraient trop cher, nous n’avons pas l’argent pour financer de telles rénovations. »
Devant le syndicat des propriétaires. Housing Action Day, 6 avril 2024.
Comme souvent en urbanisme, les dés semblent jetés, la vente de ce terrain déjà actée. Il y a pourtant une alternative. Confronté·es au quotidien à l’absence de solutions de logement abordable, les associations actives dans ce domaine ou l’éducation permanente ont assez vite formulé une proposition : prendre en gestion les lieux et aller chercher de l’argent auprès du Fonds du logement de Wallonie, prévu pour de telles situations. Mais les tentatives de rencontre se sont perdues dans les boites mails administratives. Lors de la grande messe préélectorale, en octobre 2024, les associations ont pu imposer un moment la question de la rénovation du site. Mais la rengaine est restée « Il n’y a plus d’argent, les Sociétés immobilières de service public (les SISP) sont trop endettées, il n’y a rien à voir, merci de circuler ».
Déjà les futurs et hypothétiques investisseurs immobiliers ont trouvé des relais sur la place du Marché, le cœur politique de Liège. Ça se voit, ça se sent. La future réhabilitation du site d’Amercoeur était ainsi à l’ordre du jour du conseil communal du 24 février dernier. Alors que les toux de l’hiver résonnent ce lundi-là au sein de l’hôtel de ville, la conseillère communale Hélène Franssen (apparentée MR et membre de la majorité) s’inquiète :
« Il nous faut aussi rester vigilants et éviter l’absence de diversité résidentielle dont les conséquences, et on les connait, sont le manque de dynamisme, le sentiment d’insécurité, l’enclavement. Bref, Liège mérite mieux que cela. De surcroit, sans équilibre clair entre les logements privés et sociaux, Amercoeur pourrait peiner à attirer de nouveaux habitants et des investisseurs. »
Conseil communal de Liège, 24 février 2025.
Représentant le parti du bourgmestre et en charge du logement, Maggy Yerna (PS), qui est conseillère communale depuis 1989 et échevine depuis 2001, rodée à l’exercice, lui répond alors ceci. C’est cousu de fil blanc :
« Votre propos fait suite, j’imagine à une décision récente du conseil d’administration de la Maison liégeoise par laquelle il a été décidé de lancer un appel à manifestation d’intérêt concernant les conditions de la vente publique du site dit Amercoeur (…) Enfin, ça (cette modalité de vente particulière) exprime une volonté d’une certaine mixité en fixant d’emblée à 15 % la part minimale de logements publics (…) Madame la conseillère, le manque de moyens du secteur du logement est connu, regretté et regrettable. Dès lors la solution envisagée me parait relever de la nécessité de ne pas laisser des logements publics inoccupables inoccupés, faute de moyens pour les rénover. J’espère donc comme vous que les investisseurs privés seront au rendez-vous. »
La majorité communale PS-MR-Les Engagés semble raccord : il n’y a plus de sous pour le logement social et il faut attirer les promoteurs pour construire du neuf. Willy Demeyer, bourgmestre de Liège depuis 26 ans, a dit au magazine financier Tendances, en avril 2025, qu’il faut « rééquilibrer la diversité à Liège, en faveur des personnes plus aisées ». Ça paraît clair. Les 6000 personnes en attentes d’un logement social ont mystérieusement disparu du discours public.
Mais la ville n’est pas un espace neutre, une histoire inéluctable. Non, l’espace et sa production sont des champs de bataille. Des jardins ouvriers aux luttes contre les expulsions, des planifications urbanistiques vues d’en haut à leur contestation, ce sont des visions différentes de la ville et de la vie qui s’affrontent. Le 25 avril 2025, des corps ont surgi, des grilles se sont ouvertes et des logements abandonnés ont été occupés.
Au petit matin, le rendez-vous était fixé au milieu des chants d’oiseaux, là où un promoteur immobilier a été défait en 2024. Vers 7h, l’équipe a descendu les pavés de la rue Thier de la Chartreuse, elle est passée sous le pont du train et s’est pointée au 64, rue d’Amercoeur. Au programme : nettoyage de la cour, petit déjeuner associatif, préparation d’un week-end d’occupation symbolique et négociation avec la police. Des rayons de soleil, du café, de la déco, quelques décibels et la cour des Prébendiers se transforme en utopie communautaire, l’espace d’un week-end.
Face aux discours hégémoniques, aux systèmes d’évidence, au réalisme capitaliste [6], une petite bande s’est organisée. Elle va utiliser un mode d’action vieux comme la propriété privée, remettre en question l’argument de la dette, défier les logiques de la finance, dénoncer la « violence systémique du marché » et disputer la production de l’espace à l’État et aux promoteurs immobiliers. Mais ça, nous l’approfondirons aux prochains épisodes.
* Tam est liégeoise, active dans les luttes logements ainsi que sociologue curieuse des mouvements sociaux et des conflits liés à l’aménagement du territoire. Chez Nationale 4, elle propose un récit de la lutte pour la réhabilitation du site d’Amercoeur, au croisement de la vulgarisation des enjeux du logement, des sciences sociales et de la participation aux luttes collectives.
[1] Anna Lowenhaupt Tsing, Le champignon de la fin du monde. Sur les possibilités de vivre dans les ruines du capitalisme, Les Empêcheurs de penser en rond, La Découverte, 2017.
[2] Anne Deprez, Vincent Gerard, Les expulsions domiciliaires en Wallonie : Premier état des lieux, Rapport final, IWEPS, 2015, en ligne : https://www.iweps.be/wp-content/uploads/2017/01/exp_rapportversion28janv15.pdf; ce rapport de 2015 est la dernière source du nombre d’expulsions en Wallonie. Depuis aucune étude ni dénombrement n’a été effectué par la Région wallonne malgré les demandes récurrentes des associations.
[3] Jeremy Mandin, La participation culturelle des habitants de Bressoux-Droixhe. Structure de la vie culturelle, modalités de participation et dynamiques de genre, ULiège, CEDEM, sous la direction de Marco Martiniello, en ligne : https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/152435/1/Rapport%20Bressoux-Droixhe.pdf
[4] Occupons le terrain, Liège. Oui à de nouveaux logements à Droixhe, non à la gentrification et à la séparation sociale, en ligne : https://occuponsleterrain.be/2025/06/30/liege-oui-a-de-nouveaux-logements-a-droixhe-non-a-la-gentrification-et-a-la-separation-sociale/
[5] Julien Pieron, Chartreuse: habiter en drôles d’oiseaux, D’une Certaine Gaieté (D1CG), 7 avril 2022, en ligne : https://www.d1cg.org/catalogue/habiter-en-droles-doiseaux/
[6] Expressions volées dans l’ordre à Antonio Gramsci, Sandra Lucbert et Mark Fisher.
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Dans le quartier populaire d’Amercoeur, des Liégeois.es s’organisent face à la hausse « catastrophique » des loyers et à la disparition de logements accessibles aux bas ou moyens revenus. Dans le même esprit qu’au fort de la Chartreuse, où Matexi a été repoussé en 2024, iels ont plaqué leur signature sur une tour de logements sociaux en péril : « Liège n’est pas à vendre » ; « ces bâtiments vides doivent rester dans la sphère publique ». Message aux spéculateurs, aux promoteurs et aux marchands de sommeil, allez voir ailleurs…
Comme la Nationale 4, la « 3 » relie la Wallonie à Bruxelles. Dans le centre de Liège, elle traverse le quartier d’Amercoeur. Un bout de ville défavorisé, pauvre ou à problèmes, selon la connotation politique qu’on veut y donner. En 1571, d’intenses gelées d’hiver suivies d’un déluge au printemps causèrent « une telle furie », rapporta l’écrivain Maurice Champion, que le pont d’Amercoeur enjambant la Meuse fut emporté par les eaux. « On voyait les maisons et les chapelles marcher, pour ainsi dire, sur ce corps fluide. La ville était si inondée de toutes parts que quantité de familles furent contraintes de gagner les toits des maisons, de sorte qu’on leur faisait passer de quoi manger au moyen de longues piques. »
Amercoeur a été détruit à plusieurs reprises. En raison des inondations et aussi d’une localisation ingrate au pied de la forteresse de la Chartreuse, souvent pilonnée. À force de résister sous les pluies de boulets, les habitants y ont acquis une réputation de frondeurs. Selon Wikipedia, le général français Charles François Dumouriez, qui défendit les lieux contre les assauts des Autrichiens à la fin du 18ème siècle, estimait que la population d’Amercoeur était même « la plus dangereuse d’Europe » après celle de Londres et de Paris. À l’époque, cette fougue n’empêcha pas l’anéantissement du quartier, une fois encore.
Carte de Liège – guide Baedeker Belgique et Hollande (1897)
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Transformé en casernement militaire cent ans plus tard, le site de la Chartreuse fut abandonné par l’armée belge au cours des années 1980. La nature y récupéra ses droits. Il devint un lieu de balade et l’un des derniers poumons verts de la ville. Ceci jusqu’à la demande de permis introduite en 2017 par le promoteur immobilier Matexi, dont le désir initial était la création de plus de 300 logements. Davantage encore de béton alors qu’en bas, les rues d’Amercoeur avaient été livrées aux marchands de sommeil, que les bâtiments vides se multipliaient et que le logement social était mal entretenu : une poignée d’habitants rejoints par les milliers de signataires des pétitions rédigées à chaque nouvelle tentative de Matexi réussirent l’impossible. En août 2024, le réseau citoyen Occupons le Terrain (OLT) put ainsi publier ceci : « Il n’y aura jamais de lotissement à la Chartreuse. » Tout en ajoutant avec prudence qu’il restait « quelques solides questions » quant aux intentions réelles de la ville et aux promesses de contreparties – ici ou ailleurs – faites au géant de l’immobilier.
Depuis, Matexi se fait assez discret. « Le promoteur a un accord avec le bourgmestre Willy Demeyer. Il va revenir quelque part. Juste, on ne sait pas où. Ce qui est sûr, c’est qu’il aime les ‘dents creuses’ (ces espaces vides entre des bâtiments dans des quartiers livrés à la spéculation) », raconte Satia (tous les prénoms de cet article ont été modifiés), une participante aux assemblées citoyennes liégeoises pour un logement décent, qui étaient jusqu’il y a peu organisées une fois par mois. Principale concrétisation de ces réunions, paraît-il surveillées par la police : la décision de créer un Syndicat des locataires et un Front Anti-Expulsions.
Il faut croire qu’une victoire face aux pelleteuses en appelle d’autres. En avril dernier, un collectif citoyen créé pour l’occasion – Amerbitume – a posé son empreinte sur un ensemble de bâtiments emblématiques du quartier d’Amercoeur. Une immense banderole « Liège n’est pas à vendre » a soudain recouvert une tour de logements sociaux de la rue Amercoeur, qui s’étend au pied de la colline de la Chartreuse, sur la rive droite du fleuve, tendant les bras au quartier plus animé d’Outremeuse. « Réquisition populaire », pouvait-on lire sur la façade de l’immeuble vidé de ses locataires, il y a cinq ans déjà, par La Maison liégeoise, l’une des deux sociétés de logements sociaux de la ville.
Là, c’est l’abandon voire la destruction de trop rares logements à prix raisonnables qu’Amerbitume combat. Pour Sacha, qui a participé à l’action, c’est le cas d’école « de politiques publiques d’une violence sans nom, pour ne pas dire inhumaines ». « Le CPAS de Liège est le gestionnaire de ces bâtiments. Il vide progressivement des logements sociaux pour cause de détérioration ou parce qu’ils seraient trop petits, sans y faire les moindres travaux. Une fois vides, les acteurs publics les laissent pourrir durant des années, pour conclure qu’il serait trop coûteux de les rénover. Finalement, ils sont mis en vente à des promoteurs à des prix intéressants pour eux. »
Ce n’est pas rien. En comptant les petites maisons de la cour des Prébendiers, juste au pied de la tour, 64 unités de logements devraient disparaître si ce terrain est transformé en… parking pour l’hôpital public Le Valdor, un voisin direct. Ou s’il vient renforcer le portefeuille d’actifs d’un quelconque promoteur visant des appartements à plus de 200.000 euros. Au cours de l’été 2024, le Rassemblement wallon pour le droit à l’habitat (RWDH), qui rassemble une trentaine d’organisations, dit avoir fait des « propositions constructives » pour réhabiliter les bâtiments. Sans succès à ce jour. Durant le week-end des 26 et 27 avril, Amerbitume a alors fait monter la pression en organisant sur place des ateliers de sensibilisation, des tables rondes, une visite guidée, une émission de radio en live et des petits concerts. Comme au fort de la Chartreuse, des irréductibles squattent les lieux depuis lors.
On est le 27 avril 2025. Et nous suivons Tam, qui guide la visite dans les « ruines du logement social », au pied de la tour en péril de la rue Amercoeur. Dans la cour des Prébendiers, occupée depuis plusieurs jours, il y a des logements abandonnés mais en état potable, des visiteurs curieux et plusieurs petits panneaux aux murs.
« Nous voyons nos quartiers historiques perdre peu à peu leur âme. »
« Qui a encore le droit d’habiter à Liège ? », pouvait-on lire et entendre ce week-end là. Quelques semaines plus tôt, la même question avait été posée aux décideurs politiques par les participants à l’édition 2025 de Woon Actie/Action Logement (le nouveau nom du Housing Action Day), une manifestation organisée conjointement dans plusieurs villes du pays. En bord de Meuse, l’accent y a été mis sur la gentrification. Celle-ci n’est pas un processus naturel, à lire un tract distribué dans les rues liégeoises, « mais le résultat de choix politiques et économiques qui favorisent systématiquement les plus aisé.es au détriment des classes populaires ». Selon ce tract, « à Liège, nous voyons nos quartiers historiques comme Outremeuse, Saint-Léonard ou le Longdoz perdre peu à peu leur âme et leur diversité sociale. L’arrivée du tram ayant exacerbé cette tendance, avec une hausse vertigineuse de 40% des prix immobiliers en seulement cinq ans, le long de son tracé. »
Une préoccupation qui rappelle celle émise dans le « Livret noir du mal-logement en Région liégeoise », imaginé dans les milieux associatifs un an après les inondations de l’été 2021. Un de ses constats : « Trouver un logement décent à un prix abordable était déjà difficile avant ces inondations. Après celles-ci, la situation est devenue catastrophique, la loi de l’offre et la demande s’appliquant sans aucune régulation. »
Les questions auxquelles notre série Amercoeur tentera de répondre au cours des prochains mois :
Qui dessine la ville ? Quel est le poids des promoteurs immobiliers ? Où Matexi va-t-il rebondir ? Comment la résistance citoyenne est-elle née et comment va-t-elle pouvoir s’organiser dans la durée dans ce quartier ? Que vont devenir ces 64 logements sociaux ? À qui profite le manque de logements sociaux ? Gentrification, spéculation, marchandisation, reconversion, réhabilitation : y a-t-il aussi une bataille des mots ?